Conduite de classe

Communiquer avec un élève allophone

Pour l’aider et le sécuriser, une compréhension fine et précise n’est pas nécessaire. A l’inverse, il est nécessaire d’encourager ses tentatives sans le corriger systématiquement. L’apprentissage de la langue ne doit pas passer par un focus sur les erreurs. La parole doit être au départ libre pour ne pas causer de « traumatisme » qui bloquerait la suite de son apprentissage.

Quelques conseils :

  • Parler lentement avec des phrases simples mais construites  (vocabulaire simple et courant, utiliser les contraires si possible.)
  • Utiliser le geste, le dessin
  • Montrer, mimer
  • Répéter et reformuler, articuler
  • Jouer sur l’intonation
  • Être attentif à ses réactions
  • Parler face à l’élève
  • Ne pas le noyer clans un flot de paroles
  • Repérer les situations où il se sent plus à l’aise

Intégrer un élève allophone en classe

L’arrivée d’un élève non francophone est loin d’être une situation banale. Vouloir l’intégrer dans une classe, c’est aussi se donner les moyens et lui donner les moyens pour que cette transition s’opère de la façon la plus souple.

Quelques conseils :

  • Lui faire visiter l’école
  • Lui présenter les adultes de l’école
  • Le présenter / Le faire se présenter
  • Éviter de l’isoler au fond de classe ou devant
  • Lui expliquer ou lui montrer les rituels de la classe (usage du porte  -manteau,place du cartable, usage du matériel distribué, organisation des services…)
  • Accepter une période d’observation : lui laisser le temps de « poser ses valises » sans le solliciter forcément de façon intensive, il en a besoin pour
    regarder, écouter, comprendre sa classe.

Il est aussi vivement recommandé d’associer et de sensibiliser les autres élèves aux besoins de l’élève allophone et aux difficultés éventuelles qu’il peut rencontrer. Une forme de tutorat peut alors être mise en place.

Quelques conseils :

  • Il peut y avoir plusieurs élèves jouant le rôle de tuteurs qui se relaient dans la journée, la semaine.
  • Il est souhaitable qu’un des tuteurs au moins parle la langue d’origine de l’élève : c’est l’occasion de valoriser un savoir, une culture et d’en faire profiter toute la classe.
  • Un tuteur est choisi sur la base du volontariat. Il est important de faire comprendre à chaque tuteur qu’il ne s’agit pas de « faire à la place » de l’élève allophone.
  • La pratique du tutorat peut être aussi valorisante pour les autres élèves qui peuvent alors s’interroger sur leurs propres façons d’apprendre.

Ces différents conseils proviennent de l’excellent document « Vous accueillez un élève non francophone » produit par le CASNAV de l’Aude et accessible ici

Organiser la journée de classe

Que faire les premiers jours ?

Le CRDP de l’Académie de Bordeaux a produit un document permettant de mettre en place très rapidement des dialogues de base concernant 5 thématiques : « Je me présente / Ma famille / Je vais à l’école / Mon emploi du temps / Le matin ».

Et après ?

L’élève allophone va construire ses apprentissages de façon progressive par étape et à son rythme. Dans le cadre de son intégration, il vaut mieux l’associer dès que possible au plus grand nombre d’activités avec les autres élèves de la classe.

Activités « aisées » pour un élève allophone :
Musique, arts plastiques, éducation physique

Activités à adapter pour un élève allophone :
Mathématiques : des notions ont déjà été vues dans la scolarité antérieure (ex: numération, opération). Il est donc possible de proposer certaines de ces activités, en les adaptant éventuellement.
Histoire/géographie/sciences : l’utilisation de documents, de schémas,
de manipulations facilitent l’entrée dans ces domaines.